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Facteurs d’insécurité primaire, nouveaux risques d’accidents

  • 1.1. Accidentalité routière et dysfonctionnements

L’analyse clinique des accidents, menée grâce aux Etudes Détaillées des Accidents (EDA), est axée autour de la recherche des processus de dysfonctionnement du système routier et de la détermination des causes et des conséquences des accidents. Elle s’appuie méthodologiquement sur les modèles d’analyse séquentielle et de reconstruction cinématique de l’accident, et permet une compréhension fine des phénomènes réels d'insécurité routière et de leur évolution. Elle est ainsi complémentaire aux analyses statistiques et épidémiologiques menées dans d’autres équipes de TS2. Des monographies ou des données agrégées de cas d’accidents seront utilisées pour des recherches menées sur les facteurs humains d’insécurité routière, mais aussi sur le rôle des infrastructures et des véhicules, ainsi que sur leurs interactions dans la survenue des accidents. En effet, l'accidenthèque EDA est à la fois un outil de recherche au service de travaux dans les domaines de la sécurité et de la santé mais aussi un objet de recherche qu'il faut adapter à l'évolution du système de circulation et de son accidentalité. Cette évolution doit nécessairement prendre en compte les nouvelles technologies émergentes et suivre notamment la modernisation des véhicules.
Pour le prochain quadriennal, le principal objectif sera de valoriser les enquêtes EDA, illustratives de la diversité des accidents, en les rendant plus attrayantes et plus adaptées à la demande actuelle. Il s’agira également de favoriser la modernité du recueil, de prioriser les enquêtes inhérentes aux thématiques scientifiques de l’institut et d’accentuer leur diffusion pour susciter une plus large utilisation.
Les données EDA seront par ailleurs confrontées à des données recueillies par d’autres approches telles des observations effectuées sur des populations non accidentées ou sur des infrastructures routières identifiées comme accidentogènes. Des EDA seront donc menées sur des types d’accidents ciblés, tels les accidents de travail survenant lors des trajets professionnels de postiers au cours de leurs tournées de distribution de courriers/colis et notamment ceux équipés de véhicules « nouveaux » tels les deux/trois-roues vélo à assistance électrique. Des EDA seront également menées sur d’autres territoires que sur le seul secteur d’enquête historique de l’équipe. Un tel déploiement ne pourra toutefois s’effectuer qu’au travers de projets spécifiques permettant l’apport financier nécessaire à cette extériorisation des enquêtes, comme le projet EFFIGAM par exemple afin d’étudier les accidents de motocyclistes équipés de gilet airbag et d’évaluer l’apport de ces dispositifs en termes de sécurité secondaire.
Enfin, l’analyse approfondie et qualitative d’autres bases de données d’accidents (PV notamment, etc.) permettra, par la méthodologie d’analyse séquentielle des accidents issue des EDA, de constituer des scénarios types de dysfonctionnement utiles à l’élaboration des diagnostics de sécurité routière.

  • 1.2. Nouvelles mobilités des usagers, nouveaux facteurs d’insécurité

L’émergence de nouveaux types de véhicules (véhicules électriques, vélos à assistance électrique, deux et trois-roues motorisés, etc.) et de nouvelles pratiques de déplacement et d'aménagement liées aux politiques de mobilité durable (voir 2.2.) conduira l’équipe à entreprendre des recherches accidentologiques centrées plus particulièrement sur ces nouveaux enjeux de mobilité. Seront analysés notamment les risques liés à la conduite de trois-roues motorisés et de véhicules électriques ou à assistance électrique. Un regard spécifique sera porté sur les modes doux de déplacement (cycles et piétons) en condition nocturne (l’exposition de ces modes de déplacement en période nocturne peut en effet être amenée à croître si le mode automobile régresse). Les risques liés à l’augmentation de la mixité des usages seront étudiés aux travers des aménagements pour les tramways et transports collectifs en site propre.
D’autre part, l’introduction des aides à la conduite issues de l’évolution des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans les véhicules va engendrer de nouveaux dysfonctionnements et risques accidentologiques pour les conducteurs. Ces risques pourront être en partie identifiés par les nouveaux cas d’EDA et les questions juridiques qui émergent de l’usage de ces technologies seront identifiées : protection des données personnelles des usagers et responsabilités individuelles et/ou collectives en cas d’accident, impact de ces technologies sur la santé (notamment veille juridique sur la prise en compte des recherches relatives à l’impact des ondes électromagnétiques sur la santé). Les résultats de ces analyses juridiques s’appliqueront également aux enregistreurs de données (EDR) développés au LMA dont l’objectif est d’étudier dysfonctionnements et incidents (voir 1.3).

  • 1.3. Situations de conduite dégradées, comportements non sécuritaires

Il s’agira ici de mieux cerner, en amont de l’accident, l’influence de chacune des composantes du système homme-véhicule-environnement sur l’insécurité routière. Généralement plus spécifiquement ciblées sur une des composantes du système, les approches envisagées intègrent toutefois les interactions avec les autres composantes.
Ainsi, pour mieux comprendre la genèse des situations dégradées ou incidentelles, les travaux s’appuieront sur le déploiement d’enregistreurs Emma sur diverses flottes de véhicules, afin de recueillir et d’analyser des incidents en situations réelles de conduite. Cette approche, développée sur des véhicules légers, sera adaptée à l’étude des incidents se produisant lors de la conduite d’un 2RM. Le nombre croissant de 2RM dans la mobilité urbaine et l’accidentologie représente en effet un enjeu majeur en termes de sécurité. Les recherches, initialement centrées sur les relations véhicule/environnement, s’orienteront ensuite rapidement vers des analyses intégrant plus directement la dimension humaine et la confrontation des usagers avec de nouveaux modes de conduite liés à la montée en puissance du partage des tâches entre le conducteur et les aides embarquées dans le véhicule.
Plus en amont, l’analyse des stratégies perceptivo-motrices des conducteurs en fonction des aménagements routiers et du type de véhicule antagoniste (véhicule léger ou 2RM) intégrera de nouveaux facteurs explicatifs de l’accidentologie des deux-roues motorisés.
L’analyse des facteurs internes et externes pouvant diminuer les capacités des conducteurs et les fragiliser sera développée. Seront étendues les recherches sur le niveau d’expérience avec d’un côté ses répercussions sur la charge de travail, la distraction ou sur l’état physiologique et émotionnel du conducteur, de l’autre côté son effet sur le comportement de conduite et le niveau de vigilance en situation dégradée, notamment lors de l’absorption de boissons alcoolisées ou d’une complexité accrue de l’environnement routier. En complément, les recherches sur les indices présents dans l’infrastructure routière et susceptibles d’induire chez le conducteur des comportements non sécuritaires seront développées, elles s’inspireront en particulier d’analyses issues des EDA pour le choix de scénarios prototypiques à étudier. L’influence de l’environnement routier sur le confort et la sécurité des usagers sera ainsi intégrée dans ces approches.


Dossier thématique : La sécurité des piétons, présentation par T. Serre